Vidéo · · 10 min
L'IA ne remplacera pas les PMs, Claude Code via HTML, les outils de Google I/O
Dan Shipper explique pourquoi Every, une boîte entièrement construite sur l'IA, a doublé ses effectifs. Un ingénieur de Claude Code remplace le Markdown par des artefacts HTML pour des specs qu'on lit vraiment. Et Peter Yang trie les annonces de Google I/O 2026 pour en garder trois.
Charles Loumeau
Contenus mentionnés
- Lenny's Podcast × Dan Shipper (Every)
- How I AI × Thariq Shihipar (Anthropic, Claude Code)
- Peter Yang, Google I/O 2026 honest review
Au programme
Les sujets de cette vidéo
L'automatisation pousse à recruter plus
Dan Shipper dirige Every, une entreprise de 30 personnes qui produit des newsletters, des podcasts et des logiciels. Tout y est automatisé depuis le premier jour : les éditeurs écrivent avec l'IA, les développeurs génèrent la majorité de leur code avec des agents, et une bonne partie des opérations tourne toute seule.
On s'attendrait à ce qu'une boîte pareille reste petite, ou réduise ses équipes. Coinbase, par exemple, dont le CEO a expliqué sur X que ses licenciements venaient en grande partie de l'IA. Every a fait l'inverse : ses effectifs ont doublé.
Dan l'explique ainsi sur le podcast de Lenny Rachitsky : chaque automatisation libère de la capacité, et cette capacité ne disparaît pas. Elle est réinvestie dans des choses que l'équipe n'aurait pas pu faire avant. L'IA n'a pas réduit leur travail, elle a relevé ce qu'ils sont capables de produire, et donc ce qu'ils ont envie de produire.
Tu l'as sans doute remarqué de ton côté. Depuis que tu utilises l'IA, est-ce que tu travailles moins ? Des études ont posé la question, et la plupart des gens répondent qu'ils travaillent plus. On se débarrasse des tâches fastidieuses, et le temps gagné part sur des choses qu'on voulait faire depuis longtemps.
Ce qui devient précieux, d'après Dan, c'est ce que l'IA reproduit mal : le jugement, la créativité, la capacité à dire non, la vision produit, le goût. Les machines produisent, les humains arbitrent. Et comme les développeurs livrent beaucoup plus vite, le PM devient le goulot d'étranglement, sur la discovery, les décisions, la recherche utilisateur, les parties prenantes. D'où sa conclusion : il faut recruter plus de PM et de designers.
L'HTML comme nouveau format de spec
Si tu utilises Claude Code, tu connais ce moment : tu lui demandes un plan avant de coder, et il te sort un fichier Markdown interminable, pénible à lire.
Thariq Shihipar, ingénieur sur Claude Code chez Anthropic, a eu le même problème. Invité de Claire Vo dans How I AI, il montre sa solution : il a arrêté le Markdown et demande à Claude de générer des artefacts HTML quand il s'agit de présenter un plan.
Le problème des specs, selon lui, se joue à la lecture : un humain doit comprendre le plan pour pouvoir le challenger. Une page HTML peut avoir des boutons, des onglets, des schémas, et se lit beaucoup plus facilement qu'un long texte. Claire Vo le résume en une phrase : « This is the only plan I actually read. »
Derrière, il décrit un changement de posture pour les PM, qu'il appelle le « compute allocator mindset ». Une session Claude Code de huit heures peut coûter 500 dollars. À ce prix, le rôle du PM est de rester dans la boucle : vérifier régulièrement sur quoi l'agent travaille, s'il part dans la bonne direction, et le recadrer si besoin. Le but est d'éviter huit heures de travail dans la mauvaise direction. Pour ça, il faut comprendre ce que l'agent fait, donc avoir des plans qu'on lit vraiment.
Google I/O 2026 : les outils qui méritent ton attention
Gemini, AI Studio, Antigravity, Spark, Flow, Stitch... Google a annoncé beaucoup de produits à sa conférence I/O, et il est facile de s'y perdre.
Peter Yang, PM passé par Roblox et ByteDance, résume la stratégie : Google court trois courses en même temps, l'agent personnel, l'outil de travail (code et knowledge work) et le multimodal. Chaque produit couvre un morceau de la chaîne du travail numérique. Le revers, c'est qu'avec autant de noms, même les équipes tech ne savent plus quoi adopter.
Premier outil à regarder, Antigravity 2.0, l'équivalent de Claude Code chez Google, avec des sous-agents, des tâches planifiées et des commandes slash. La commande « Grill Me » a marqué le public : l'agent te pose toutes les questions qu'un tech lead poserait avant de démarrer un projet, pour trouver les cas limites et les décisions qui manquent. Ça existe aussi dans Claude Code.
Deuxième, Stitch, l'agent de Google qui génère de l'interface, mobile ou web. La qualité a beaucoup progressé, et l'export vers Figma est possible.
Troisième, Spark, le projet le plus ambitieux : un assistant qui a accès à tout ton Google Workspace (documents, mails, agenda, Drive) et qui agit dessus, pas seulement en lecture. Comme la plupart des boîtes ont déjà Workspace, la distribution est toute faite. Si ça marche comme promis, dit Peter, ça change la façon dont une équipe produit gère son quotidien.